Blog culturel consacré à l'art et à la littérature
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La Symphonie n° 4 (1886) de Johannes Brahms (1833-1897) est d’une rare richesse d’invention harmonique et rythmique. Le 1er thème, introduit par les violons, coupé de soupirs, joue un rôle essentiel dans la structure de l’œuvre. Il obéit à un système de variantes mélodiques qui, en le transformant au fur et à mesure du déroulement du morceau, permet à Brahms de le présenter comme un thème de chacone (suite de variations sur un thème court).
Le second thème n’a pas la même importance structurelle ; il est seulement plus énergique que le premier. L’andante moderato joue sur l’alternance des deux thèmes principaux. Dans l’allegro giocoso en ut majeur qui suit, Brahms développe un processus complexe qui implique le retour de thèmes du 1er mouvement.
Dans le final, un allegro energico e passionato traité exactement comme une chacone, Brahms met à contribution un thème de J.-S. Bach tiré de la Cantate 150, à peine modifié. Or, Bach avait su tirer parti merveilleusement de la chacone (afin de s'en convaincre, il suffit d’écouter la Partita n°2 en ré mineur pour violon seul). Brahms rend ainsi hommage à celui que nombre de mélomanes considèrent comme le plus grand des compositeurs.