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Cette sonate commence par un largo (mouvement lent et majestueux) où le violon, après avoir cité note pour note une phrase d’abord énoncée au piano, ébauche un « grand chant ». Puis, les deux instruments jouent en pratiquant des effets d’écho. L’allegro qui suit instaure un dialogue, caractéristique du discours musical mozartien, tantôt introverti, tantôt extraverti. Un andante en mi bémol succède à l’allegro. C’est une page pleine de retenue, expression d’un sentiment douloureux, selon nombre de spécialistes. Précédé d’un silence, le développement à l’archet du thème principal accentue la tension dramatique du morceau : de là naît un dialogue piano-violon riche en échos et en modulations. Le thème initial est ensuite ramené d’une façon inattendue. La mesure finale donne à ce mouvement une conclusion empreinte de gravité. Enfin, dans la troisième partie de l’œuvre, le dialogue reprend, et il est alors particulièrement vibrant.
Même si elle ne compte pas parmi les œuvres du divin Mozart que je préfère, cette sonate me semble très impressionnante par l’équilibre atteint entre les deux instruments.