Quantcast

Vendredi 3 avril 5 03 /04 /Avr 20:30

 

 

 


Notre-Dame de Paris a été construite sur un site qui était sacré depuis l’époque romaine (un temple en l’honneur de Jupiter s’élevait à son emplacement). J’ai un jour entendu dire qu’une synagogue avait même été bâtie à cette place, mais après quelques recherches cette information me paraît très douteuse (il s'agit sans doute d'une confusion avec la synagogue de l'Île de la Cité, qui exista jusqu'à l'ordonnance de Philippe le Bel de 1394, qui interdit la confession juive dans tout le pays).

Une basilique succéda au temple païen, mais on hésite encore aujourd’hui sur sa date de fondation (IVe ou VIe siècle). Cette cathédrale, dédiée à Saint-Étienne, avait des dimensions impressionnantes pour l’époque. La façade occidentale, qui se trouvait à une quarantaine de mètres à l’ouest de la façade actuelle, avait une largeur presque égale : elle mesurait 36 mètres. La longueur de l’ancien édifice était de 70 mètres (la longueur de la cathédrale actuelle est de 130 mètres).

L’édifice était apparemment bien entretenu, mais en 1160, l’évêque Maurice de Sully décida la construction d’une cathédrale plus vaste et relevant d’un style moderne. Le nouvel édifice devait être édifié selon les principes nouveaux de l’art qu’on nommera "gothique". La construction dura de 1163 à 1345. Il est à noter qu’en ce temps Paris n’était qu’un évêché parmi d'autres, placé sous l’autorité de l'archevêque de Sens.


La première pierre est posée en 1163 par le pape Alexandre III, en présence du roi Louis VII. Le chœur et ses deux déambulatoires sont bâtis jusqu'en 1182. On construit ensuite, jusqu'en 1190, les quatre dernières travées de la nef, des bas-côtés et des tribunes. La base de la façade et les deux premières travées de la nef sont édifiées de 1190 à 1225. La façade est élevée à partir de 1208. L’étage de la rose date de 1220-1225.

De 1225 à 1250, on élève la partie haute de la façade et les deux tours. La tour sud est achevée en 1240, et on renonce la même année à l’idée de doter les tours d’une flèche. En 1250, c’est la fin de la construction de la tour nord. À cette date, en plein règne de Saint-Louis, la cathédrale est en fait opérationnelle. Les phases suivantes de la construction concerneront des embellissements, des réparations et des modifications.





 


Notre-Dame de Paris est, au moment de son achèvement, la plus grande cathédrale d’occident. Mais sa construction s’étant étendue sur deux siècles, le style n’est pas uniforme .


Pendant près de trois siècles, on respecta la structure gothique de la cathédrale, mais à la fin du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV, les choses changèrent. On n'appréciait guère alors le style gothique, jugé « barbare » (d’où son nom, donné par l’historien d’art Vasari, les Goths étant un peuple « barbare »). Partout en France, de nombreux évêques rêvaient de faire démolir leur cathédrale pour la remplacer par un édifice de style classique. Mais le coût extrêmement important des travaux les en empêchait. D’autant que ceux qui possédaient les fonds suffisants, les nobles et les rois, qui autrefois finançaient les vastes chantiers religieux, étaient alors occupés à se bâtir des châteaux. Le peuple, on s’en doute, n’avait pas les moyens de satisfaire l'ambition des dignitaires ecclésiastiques.

Ce manque d’enthousiasme des nobles a donc permis d’éviter le saccage, voire la destruction, de joyaux gothiques… Du moins hors de Paris. Notre-Dame de Paris fut beaucoup plus touchée par les changements que les autres cathédrales de France : on n'avait pas les moyens, en province, de massacrer les chefs-d’œuvre. À titre d’exemple, les chanoines estimèrent, en 1756, que Notre-Dame était trop sombre : ils demandèrent donc à ce qu’on détruise les magnifiques vitraux du Moyen Âge pour les remplacer par du verre blanc.

Au moins aussi graves que les modifications apportées par les tenants d’un « modernisme architectural », fut le vandalisme révolutionnaire. Les rois de Juda de la Galerie des Rois de la façade furent décapités et enlevés - on croyait qu’il s’agissait des rois de France.






Victor Hugo, grand admirateur de l’édifice, écrivit en 1831 son roman Notre-Dame de Paris dont le succès fut très important. Il réussit à susciter l’intérêt en faveur de la cathédrale, et par son roman, Hugo a contribué à la sauver. Les autorités projetèrent un grand programme de restauration, que les architectes Lassus et Viollet-le-Duc furent chargés de réaliser. Cette restauration reste, aujourd’hui encore, très décriée (Viollet-le-Duc a ainsi incorporé des éléments que Notre-Dame n’a jamais possédés).

Il convient toutefois de préciser la difficulté de la tâche impartie aux restaurateurs : les maçonneries de la cathédrale étaient notamment dans un état désastreux. Les restaurateurs durent effectuer un travail de recherche afin de restituer (rarement à l’identique, malheureusement) les parties dégradées. Le programme sculpté restitué apparaît comme la principale réussite de Lassus et de Viollet-le-Duc. La restauration fut achevée en 1864.

L’autre grand programme de restauration date des années 1990, lorsque les procédés modernes ont permis de redonner à la pierre extérieure de la cathédrale, noircie par les siècles, sa blancheur d’origine. Je crois me souvenir que Victor Hugo parlait de la belle patine que les siècles avaient donnée à l'édifice. C'était peut-être vrai en son temps, mais les effets de la pollution avait carrément noirci les pierres de la cathédrale, et la restauration des années 1990 a eu un effet heureux de ce point de vue. 


Publié dans : Architecture
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés