Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 18:49



L'oubli de ses propres fautes est la plus sure des absolutions.

Konrad Adenauer

L'argent aide a supporter la pauvreté.

Alphonse Allais

Une auto-stoppeuse est une jeune femme généralement jolie et court vêtue qui se trouve sur votre route quand vous êtes avec votre femme.
Woody Allen

Pourquoi contredire une femme ? Il est tellement plus simple d'attendre qu'elle change d'avis !
Jean Anouilh

Les hommes sont toujours sincères. Ils changent de sincérité, voilà tout.

Tristan Bernard

Avec les femmes, il faudrait que les paroles soient d'autant plus respectueuses que les gestes le deviennent de moins en moins.
Tristan Bernard

Le comble de l'optimisme, c'est de rentrer dans un grand restaurant et compter sur la perle qu'on trouvera dans une huître pour payer la note.
Tristan Bernard


Il y a des femmes qui n'aiment pas faire souffrir plusieurs hommes a la fois, qui préfèrent s'appliquer a un seul : ce sont les femmes fidèles.
Alfred Capus

Apprendre a mourir ! Et pourquoi donc ? On y réussit très bien la première fois !
Chamfort

On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse.
Georges Clemenceau

Un traître est un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire a un autre. Par contre, un converti est un homme politique qui quitte son parti pour s'inscrire au votre.
Georges Clemenceau

Les fonctionnaires sont un petit peu comme les livres d'une bibliothèque. Ce sont les plus hauts places qui servent le moins...
Georges Clemenceau

"Les talons hauts ont été inventés par une femme qu'on embrassait toujours sur le front."
Marcel Achard


"Les risques du métier: Son menton a soudainement quitté la paume de sa main droite posée grâce à un coude et sa tête est venue frapper lourdement le bureau. Une fois de plus, un fonctionnaire s'est tué au travail. "
Les Nuls


On n'a quand même pas pris la Bastille pour en faire un opéra.
Pierre Desproges


La première fois que j'ai vu une femme nue, j'ai cru que c'était une erreur...
Woody Allen

"Je vais faire 30 cocus d'un coup, je vais coucher avec ma femme... "
Sacha Guitry


 

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Samedi 28 novembre 2009 6 28 11 2009 11:21













La façade de la cathédrale de Wells (1230-1250), en Grande-Bretagne, possède une façade très différente de celle des églises gothiques françaises contemporaines. Les deux tours débordent la largeur de la nef, non pas pour mettre en valeur l'entrée de l'édifice (qui se faisait d'ailleurs par une autre porte du côté nord, cette façade regardant vers l'ouest), mais afin de créer un gigantesque écran, affirmation des pouvoirs temporel et intemporel.





Les architectes sont ici les héritiers d'une autre tradition visuelle que leurs homologues français : ils préfèrent la variété à la logique et à la cohérence. L'accent n'est pas mis sur la profondeur des portails, comme dans les cathédrales françaises, mais sur cet écran articulé par les rangées superposées de 297 statues grandeur nature (384 à l'origine) abritées sous des dais et composant un immense Jugement dernier (thème récurrent sur les façades de cathédrales). Les bienfaiteurs laïcs sont représentés du côté nord, les donateurs ecclésiastiques du côté sud (il était courant de représenter ainsi les effigies de ceux qui finançaient pareils travaux).  Cette ordonnance prenait tout son sens le dimanche des Rameaux, quand une procession commémorant l'entrée du Christ à Jérusalem pénétrait par la porte occidentale au son de voix célestes (lancées par de jeunes chanteurs habillés en anges), qui émanaient d'orifices spécialement ménagés derrière les anges de pierre. Spectacle que j'imagine superbe...

L'architecture gothique est conçue en fonction des déplacements des fidèles suivant la liturgie, en voilà un exemple.



La cathédrale de Wells m'a toujours impressionné, par la beauté exceptionnelle de cette façade si imposante. J'ai longtemps préféré l'art gothique au roman. Aujourd'hui, j'admire également ces deux grands styles, mais en revoyant cette oeuvre je me rappelle une des choses qui m'a tant impressionné dans l'art gothique. La variété exceptionnelle du gothique est une des preuves du foisonnement intellectuelle et artistique d'une époque trop longtemps méprisée, les possibilités d'interprétation que cette variété autorise sont nombreuses. Aussi, le gothique en France se caractérisait par une foi profonde, nous a dit Victor Hugo. Mais les artistes expressionnistes allemands du début du XXe siècle nous ont révélé combien les formes torturées du gothique tardif préfigurent l'angoisse des temps modernes. En Angleterre, le grand critique et ami de Turner, John Ruskin (1819-1900), considérait cette période comme un âge d'or, l'âge d'or de l'artisanat, avant le développement de l'industrie.






Ces trois interpétations, il en existe bien d'autres, tout aussi variées, me conviennent très bien. Elles révèlent combien il est difficile de résumer en quelques mots un art aussi riche, aussi imposant, mais elles indiquent  combien il est fascinant à étudier.

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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 11 2009 20:13



Groucho Marx
Je trouve que la télévision à la maison est très favorable à la culture. Chaque fois que quelqu'un l'allume chez moi, je vais dans la pièce d'à côté et je lis.


Sacha Guitry
Si vous voulez que votre femme écoute ce que vous dites, dites-le à une autre femme.


Pierre Desproges
L'ennemi, c'est comme le sexe. Faut tirer dessus de temps en temps pour avoir la paix.


Jules Renard
Le talent, c'est comme l'argent. Il n'est pas nécessaire d'en avoir pour en parler.

Guillaume Apollinaire
Il vaut mieux être cocu qu'aveugle. Au moins, on voit les confrères.


Oscar Wilde

C'est facile d'arrêter de fumer, j'arrête 20 fois par jour !

Jean Cocteau

Finalement, je crois que j'ai vécu très au-dessus des moyens de mon époque.


Jean Cocteau

L'homme n'est pas fait pour travailler. La preuve, c'est que ca le fatigue.


Georges Courteline

La femme ne voit jamais ce que l'on fait pour elle; elle ne voit que ce que l'on ne fait pas.


Georges Courteline

Les chaînes du mariage sont si lourdes qu'il faut être deux pour les porter; quelquefois trois.


Alexandre Dumas

L'égoïste est celui qui n'emploie pas toutes les minutes de sa vie a assurer le bonheur de tous les autres égoïstes.


Lucien Guitry

A l'égard de quelqu'un qui vous prend votre femme, la pire vengeance est de la lui laisser.


Sacha Guitry

Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent; les autres sont célibataires.


Sacha Guitry

De temps en temps, une femme est un substitut convenable a la masturbation. Mais bien sur, il faut beaucoup d'imagination.


Karl Kraus

Je désire être incinéré et je veux que 10 % de mes cendres soient versées a mon impresario.


Groucho Marx

La dictature, c'est "ferme ta gueule", et la démocratie, c'est "cause toujours".


Woody Allen

Ma femme et moi avons été heureux vingt-cinq ans; et puis, nous nous sommes rencontrés.


Sacha Guitry

Il y a deux ans que je n'ai pas parle a ma femme, c'était pour ne pas l'interrompre.


Jules Renard

C’est quand on serre une femme de trop près qu’elle trouve qu’on va trop loin.


Alphonse Allais

Certes, l'argent n'achète pas la santé, mais vous pouvez au moins vous offrir de jolies infirmières pour la faire revenir.


Anonyme

La politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres.


Anonyme

Une robe de femme, doit être comme une plaidoirie : assez longue pour couvrir le sujet, assez courte pour être suivie.

Anonyme

La célébrité m'a apporté un gros avantage : les femmes qui me disent non sont plus belles qu'autrefois.


Woody Allen

Un conducteur dangereux, c'est celui qui vous dépasse malgré tous vos efforts pour l'en empêcher.


Woody Allen

Se marier, c'est partager à deux les problèmes que l'on n'aurait pas eu tout seul.


Anonyme

Gynécologue, c'est un métier accessible aux sourds. En effet il n'y a rien à entendre et on peut lire sur les lèvres.


Coluche

Dieu a créé l'alcool pour que les femmes moches baisent quand même.


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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 11 2009 13:42






 

 

Goethe a qualifié ce tableau de « merveilleux » après l’avoir vu dans l’atelier du peintre allemand Caspard David Friedrich (1774-1840). La toile est en effet admirable par sa concision glaciale, qu’on pourrait qualifier d’« abstraite ». Elle atteint une synthèse parfaite entre la forme et le contenu spirituel. Le peintre met l’accent sur un espace horizontal étiré et simplifié, pour exprimer la valeur des deux dimensions, terrestre et céleste, qui sont juxtaposées mais qui se complètent. La suppression de la zone intermédiaire conduit l’œil du spectateur à pénétrer, après une pause sur la rive du premier plan, dans un monde transfiguré par l’immensité et l’obscurité relative, presque diaphane. Cette absence de zone intermédiaire accuse surtout l’affrontement des deux espaces pour mieux exprimer la dialectique des rapports spirituelles établis entre l’homme (le moine, mais aussi le peintre) et la nature (et, à travers elle, Dieu). Il est à noter que ce promeneur marche la tête entre ses mains, signe d’affliction (on sait que Friedrich avait un caractère des plus tourmentés) ou de méditation.


On pense que Friedrich aurait, dans un premier temps, prévu pour le ciel une tonalité nocturne, plus tard transformé en luminescence diurne. La lumière ne semble pourtant pas exprimer une force très positive ici (l’usage pictural qu’en fait Friedrich reste assez traditionnel et réaliste, rien à voir avec le traitement de la lumière chez son contemporain Joseph Turner, chez qui la pure expression rétinienne déborde les intentions réalistes; "ce Turner, c'est de l'or en fusion" disait très justement Goncourt).

On ressent d’autre part qu’un rôle fondamental est accordé au promeneur, qui malgré (ou en raison de) sa petite taille, apporte le sens de l’échelle humaine. Le spectateur , tel le promeneur sur la plage, participe en même temps de l’effroi et de la fascination de l’infini. Enfin, le Moine au bord de la mer nous suggère une méditation face à la mort, face à une nature divinisée et lointaine, ressentie comme indifférente.

Friedrich exprime dans ce tableau une nouvelle conception de l’œuvre d’art. Cette peinture peut en effet être perçue à travers une double lecture : simplement descriptive, romantique, dans le sillage de la sensibilité européenne opposée au néo-classicisme, ou plus secrète et codée, exprimant une attitude métaphysique. Tous les éléments de la composition ont chez lui une signification symbolique. Ainsi, dans ses autres œuvres, les montagnes sont des allégories de la foi ; les rayons du soleil couchant symbolisent la fin du monde préchrétien et les sapins symbolisent l’espoir. Il a lui-même écrit : « un paysage enveloppé de brume paraît plus vaste, plus sublime, il anime l’imagination et renforce l’attente, semblable à une fille voilée. L’œil et l’imagination sont généralement plutôt attiré par le lointain vaporeux que par ce qui s’offre aux yeux clairement de près ». 
 

Cette démarche était alors une nouveauté que l’Allemagne a eu du mal à accepter : les œuvres de Friedrich ont recueilli nombre de critiques hostiles. Tout le monde ne réagit cependant pas ainsi : le roi Frédéric Guillaume III de Prusse a acheté Le Moine au bord de la Mer. Et on dit que cette oeuvre a impressionné le grand architecte Schinkel au point que celui-ci a abandonné la carrière de peintre pour se consacrer à l’architecture (il a peut-être eu tort, quand on voit quel type d’œuvre il était capable de réaliser 
: link
).



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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 11 2009 15:01








 

Il s’agit là du premier chef-d’œuvre de Giovanni Bellini, admirable par l’expression des visages, la volumétrie solennelle des corps et la tonalité éclatante du rouge du vêtement de la Vierge, du bleu du ciel et du bleu du vêtement l’apôtre. Sur le cartouche en bas de la composition, on lit (non visible sur cette photo malheureusement) « Bellini Poterat Flere Ionnis Opus ». L’artiste aurait-il signé ainsi son œuvre, pour manifester sa fierté d’avoir réussi pareille merveille ? 


Le corps à la fois décharné et athlétique du Christ occupe, comme de juste, le centre de la composition. Si on célèbre souvent la beauté des mains peintes par Léonard de Vinci (qu’on pense à la Joconde, pour ceux qui veulent d'ailleurs lire une "théorie" sur cette oeuvre magistrale, voici un lien que m'a donné Charline : link où l'on apprend que Mona Lisa, je cite, "était à 83% heureuse, à 9% écœurée, craintive pour 6% et enfin, en colère à 2%"), on peut aussi dire combien les mains sont un éléments d’expression essentiel des œuvres de Bellini. On peut en outre admirer le dialogue muet qui s’instaure ici entre la Mère et le Fils, dialogue à la fois intense et contenue.

C’est donc une vision profondément humaniste que nous offre là Bellini. Un élément témoigne de l’importance de la représentation humaine ici : le peu d’espace laissé au paysage. Un historien d’art, Robertson, a remarqué depuis longtemps que les nuages rectilignes – que n’interrompent pas les bords du tableau – sont disposés de façon à reprendre la linéarité d’un sarcophage. La plastique des figures rappelle quant à elle celle d’une sculpture (comme celles de Donatello, fameux sculpteur de cette époque).


Le vénitien Giovanni Bellini (v. 1430-1516)  fut un des premiers peintres que j'ai aimés. Par la suite, l'attrait qu'il a exercé sur moi a beaucoup diminué, mais en revoyant cette oeuvre je me rappelle combien c'est un peintre digne d'admiration. L'oeuvre de Bellini, qui s'ouvrit à la peinture à l'huile, contient des atmosphères diaphanes et lumineuses, une richesse de tons et des variations chromatiques exceptionnelles, elle répond à un grand besoin de spiritualité et poursuit manifestement une beauté idéale. C'est en cela qu'il me touche - d'ailleurs je pourrais employer les mêmes mots pour tenter de qualifier un tout petit peu le génie de mon cher Léonard. Bellini est, à n'en pas douter, un des grands annonciateur de la Renaissance classique : qu'on pense au talent de ceux qui se sont formés dans son atelier, ils ont pour nom Lorenzo Lotto, Giorgione, del Piombo et surtout Titien.




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